Heb Seb improvisé

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Heb Seb improvisé

Message par le doc le Jeu 17 Déc - 14:44









La Mandale ressort du désert après quelques lunes d'absence, des lunes de guerre.
Marqués , mais pas affaiblis, les caravaniers s'avancent en bloque, marchant en rang serré vers l’assistance, le festival va commencer.

A leur tête, le doc, tel un roi mage en Galilée, mène la troupe l'air mi-amusé, mi-colère. Son arc en main, carquois en bandoulière, il tient également deux branches de myrte sèche choisies dans le butin, ainsi que quatre flèches.

Un énervé s’écrit soudain :
« ПРОЩАНИЕ ! »
Puis s'élance, seul et a peine armé, vers les lances encore ensanglantées.
Le doc ne se retourne même pas pour en voir quatre se planter dans le ventre du fou, une autre dans le genoux , et la sixième dans la tête qui lui ouvre la cervelle et en répand tout autour.
C’était celle de Kel, « le trépanateur», les deux sont en amour.

C'est là que débute l'improvisation, contrôlée comme toujours ; à moitié préparée, moitié d'adaptation.

Le public pantois, ou exultant de joie de voir un peu de sang et un peu de carnage, s’écarte à mesure qu'avance la manipule, recule en laissant libre passage vers la scène toute proche.

Le doc se rapproche, tandis que la Mandale encore essuie le sang.
Le sang de ces ennemis, et la sueur de ses rangs.

Le doc pose le sac qui pèse sur ses hanches avec quelques affaires. Il lève ses deux mains, dans chacune deux flèches et une branche, tandis que les romains et les gens de passages, retrouve le silence, et fixent son image.



« Nous voilà revenus de la Guerre, victorieux !
Nous devons aux dieux une part du butin,
Une offrande syndicale et un rite fameux
Venant de la Mandale pour les vénusiens.

Et puisque votre Mars est encore en attente
Et qu'il est la saison de la fête de Tentes,
Devant l’érection du temple de Venus
Jouissons de ce moment, honorons le phallus ! »




Il noue sommairement le deux tiges de myrte autour des quartes pointes, observe un moment le soleil, une fois certain de son orientation, il se rend compte qu'il ne sais pas l’hémisphère qu'ils habitent.
Tan pi, il le fera « au pif », ou plutôt « à la bite ».

Se dirigeant d'instinct vers la plus belle femme, se plaçant face à l'orient, il balance le faisceau vers le bas, vers le haut, tout en prononçant ces mots :




« Heureux tout ceux qui craignent Kahvey
et marchent dans ses voies !

Du labeur de tes mains tu te nourriras,
heur et bonheur pour toi !

Ton épouse : une vigne fructueuse
au cœur de ta maison ;
Tes fils ; des plants d’olivier
à l'entour de la table.

Voilà de quels biens sera béni
l’homme qui craint Kahvey.

Que Praxos te bénisse de Zion !
Puisse tu voir Roma Nova dans le bonheur
tous les jours de ta vie,

Et voir les fils de tes fils !

Paix sur le Fract ! »



Il se tourne vers le sud et recommence alors, puis à l'ouest, et puis enfin au nord.
Toujours les mêmes vers.

Ensuite il dénoue la tresse et s'en va donner à chaque prêtresse une branche ,
De la myrte aphrodisiaque, que la déesse luss s’épanche.
(Ou est-ce simplement quelques feuillages marécageux enduits de philtre en poudre…)

Mais pour la monarque, un cadeau du dieu de la foudre.
Le pilote de la Mandale retourne à ses affaires, en sort une tête de Coyote, a défaut de chacal, une couronne blanche et rouge fait de breloques Jérémiesques, aux couleurs de Rome, entre autres.

Le doc extrait aussi sa fameuse poche à drogue et un encensoir grotesque.



« Et Pour toi, impératrice,
Point de matérielle offrande ou de sacrifice.
Mais ton règne sera revivifié, tel fut Osiris.
Puissent les voiles se lever sous un vent favorable,
Que ta barque inspirée soit solide et stable,
Et que ta vie soit longue et pleine de délices. »



Il bande son arc, se tourne au méridion, et tire son coup enfin, façon balistique pour éviter un mort.
C'est risqué sur ce point, mais temps qu'il a des munitions, on se couvre la tête et on ne lui dit rien.

Puis, une flèche au couchant, une vers le levant, et il finit au nord, comme précédemment.

Sans rien ajouter, il passe son arc sur son épaule,  prend la couronne improvisée et viens la poser sur le chef de la monarque, drôle.

Bourre son encensoir d'un mix hors contrôle, feuille de coca, poudre blanche et noir,
Y gratte de la cire, effrite cannabinacée, une pincée de philtre, herbes indéterminées ,
Une étrange panacée qu'il complète de charbon igné.
Ne manquait-il à cette ambiance une machine à fumée ?

Il attrape la tête de canidé et souffle sur l'objet de culte pour attiser la brume mauve qui s'en échappe.

Le doc enfume son monde et il circumambule entre le gens,mainte et mainte fois en s’écartant du centre, laissant l'encensoir osciller en pendule.
Pour chercher ses pointes ou pour le rituel ?

Il disparaît peu à peu en laissant derrière lui un parfum vaporeux et une ivresse nouvelle.

Et la musique reprend son droit.




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le doc

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